Spirométrie dans la BPCO : un examen essentiel encore sous-utilisé
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) constitue l’un des principaux enjeux de santé publique dans le monde. On estime qu’environ 480 millions de personnes en sont atteintes et que la maladie entraîne environ 3,7 millions de décès chaque année, ce qui la place au troisième rang des causes de décès dans le monde.
Malgré son importance et les progrès thérapeutiques, la BPCO reste largement sous-diagnostiquée. L’une des raisons réside probablement aussi dans le recours insuffisant à un examen simple, rapide et non invasif : la spirométrie.
Pourquoi la spirométrie est-elle indispensable au diagnostic de la BPCO ?
Le diagnostic de BPCO ne peut reposer uniquement sur la présence d’une dyspnée, d’une toux, d’expectorations ou sur des antécédents d’exposition au tabac et à d’autres facteurs de risque. Ces éléments permettent de suspecter la maladie sur le plan clinique, mais la spirométrie est nécessaire pour confirmer le diagnostic, en mettant en évidence une limitation persistante du débit aérien.
Il s’agit d’un examen relativement simple, peu coûteux et non invasif. Pourtant, il reste étonnamment sous-utilisé.
Une question très simple permet de comprendre cette contradiction :
Combien de personnes ont passé au moins une fois dans leur vie un électrocardiogramme ? Et combien ont bénéficié d’une spirométrie ?
La réponse intuitive contraste avec la fréquence et l’importance des maladies respiratoires.
Il est encore plus surprenant de constater que la spirométrie est peu utilisée même chez les patients ayant déjà reçu un diagnostic de BPCO.
Quelle est la fréquence d’utilisation de la spirométrie en Italie ?
Les données italiennes illustrent bien le problème.
Dans une vaste population suivie en médecine générale comprenant plus de 15 000 patients ayant reçu un diagnostic de BPCO, seuls 31,9 % avaient bénéficié d’au moins une spirométrie au cours de la période considérée. Des données italiennes plus récentes indiquent que, dans les contextes où l’accès à la spirométrie n’est pas organisé de manière adéquate, une proportion importante des diagnostics de BPCO ne repose toujours pas sur une confirmation spirométrique (Ferrara F, et al. 2026).
La spirométrie mesure-t-elle uniquement le VEMS et la CVF ?
La spirométrie a une histoire remarquablement longue. En 1846, John Hutchinson, inventeur du spiromètre, a introduit le terme « capacité vitale » après avoir observé que le volume d’air expiré après une inspiration maximale fournissait des informations sur l’état de santé et la survie.
Dès ses origines, la spirométrie n’avait donc pas simplement pour vocation de mesurer un volume pulmonaire, mais de tirer d’une mesure physiologique des informations cliniquement pertinentes.
Près de deux siècles plus tard, l’interprétation de la spirométrie repose principalement sur quelques paramètres, en particulier le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS ou FEV₁), la capacité vitale forcée (CVF ou FVC) et le rapport VEMS/CVF. Ces mesures sont fondamentales : elles permettent d’identifier la limitation du débit aérien et d’en quantifier la sévérité.
Mais la manœuvre spirométrique fournit bien plus que ces chiffres.
Que nous apprend la courbe débit-volume ?
Lors d’une expiration forcée, une courbe débit-volume est générée. Sa forme dépend de l’interaction entre le rappel élastique du poumon, les caractéristiques des voies aériennes et le comportement dynamique des voies aériennes pendant l’expiration.
La morphologie de la courbe contient donc des informations physiologiques qui ne sont pas entièrement reflétées par les seuls VEMS, CVF et rapport VEMS/CVF.
Les pneumologues le savent depuis longtemps : lorsqu’ils interprètent une spirométrie, ils ne se limitent pas aux chiffres, mais observent également la forme de la courbe. Cette évaluation est toutefois traditionnellement restée essentiellement qualitative.
Les technologies numériques permettent aujourd’hui d’analyser quantitativement certaines de ces caractéristiques, sans modifier la manœuvre spirométrique, sans prolonger l’examen et sans imposer de procédures supplémentaires au patient.
Qu’est-ce que l’Index de Sévérité de l’Emphysème (ESI) ?
C’est dans ce contexte que s’inscrit l’Index de Sévérité de l’Emphysème (ESI),un indice calculé automatiquement à partir de la morphologie de la portion expiratoire de la courbe débit-volume (Occhipinti M, et al. 2019).
L’objectif n’est pas de remplacer les paramètres spirométriques traditionnels, mais de les compléter en tirant de la même expiration forcée des informations supplémentaires sur la physiopathologie de la maladie.
Davantage d’informations à partir de la même spirométrie
La spirométrie reste indispensable au diagnostic de la BPCO, mais les informations qu’elle peut fournir ne se limite pas à la mise en évidence d’une limitation du débit aérien.
La possibilité d’analyser quantitativement la morphologie de la courbe expiratoire représente une évolution naturelle d’un examen conçu, dès ses origines, pour obtenir des informations cliniquement pertinentes à partir d’une simple mesure physiologique.
L’ESI s’inscrit dans cette évolution : il ne s’agit pas d’un nouvel examen, mais d’un moyen d’obtenir davantage d’informations à partir de la spirométrie que nous réalisons déjà.
Quels spiromètres intègrent le calcul de l’ESI ?
L’Index de Sévérité de l’Emphysème (ESI) est aujourd’hui intégré à deux spiromètres professionnels MIR, conçus pour répondre à différents besoins de la pratique clinique :
Minispir Plus ESI : spiromètre USB destiné à une utilisation sur PC avec le logiciel MIR Spiro Platinum.
Spirolab Plus ESI : spiromètre de table tout-en-un, doté d’un écran tactile et d’une imprimante thermique intégrée.
Les deux appareils calculent automatiquement l’ESI en même temps que les paramètres spirométriques traditionnels, fournissant ainsi une information supplémentaire sans modifier les modalités de réalisation de l’examen.